lundi 8 janvier 2024

Hospitalidad argentina

Vendredi 29 décembre.
Lever 6h30, le réveil est difficile. Nous laissons les vélos et la tente au camping pour aller prendre l’unique bus du matin sur la place principale d’El Bolson. Trente minutes sont nécessaires pour rallier Wharton, lieu de départ des randonnées pour l’aire naturelle protégée du rio Azul.
Nous remontons la rivière dans une belle forêt de feuillus, tantôt en contre-haut du canyon, tantôt le long de son lit. La clarté de l’eau, sa couleur, les arbres, la montagne : on en prend plein la vue. Après le pique-nique, nous nous offrons une baignade avant de lézarder un temps sur les rochers. C’est un peu dur de repartir… Nous devrons presser le pas pour ne pas rater le bus du retour.
Samedi 30.
Nous quittons El Bolson pour gagner le parc national de los Alerces. Nous effectuons nos derniers kilomètres sur la ruta 40 qui continuera sans nous jusqu’à Ushuaïa.
Après 72 km, peu avant Cholila, nous nous arrêtons dans la casa ciclista de Jorge et Mariela. Il y a là deux Colombiens et Franco, un ancien cycliste professionnel argentin qui parcourt son pays depuis plus d’un an et demi avec son vélo et sa petite remorque. Il traine avec lui pas loin de 100 kg.
Pour plus de tranquillité, nous choisissons de planter la tente dans le jardin plutôt que de dormir dans le dortoir collectif mis à disposition. Fatigués par les 25 km de rando de la veille et par la chaleur accablante de l’étape du jour, on ne fait pas de vieux os.
Nous aurons malheureusement droit à un concert d’aboiements de chiens toute la nuit…
Dimanche 31.
Nous prenons le petit-déjeuner avec nos hôtes. Les discussions s’éternisent et nous ne décollons pas avant onze heure et demie. Franco enfourche son vélo pour nous accompagner quelques kilomètres.
Nous rentrons dans le parc national de los Alerces en début d’après-midi. Nous nous arrêtons dans le premier camping, au bord du lac Rivadavia, dans une forêt qui nous offre une ombre bienvenue.
Nous passons notre dernière soirée de l’année 2023 autour d’un asado, comme évidemment la totalité de nos voisins argentins. Certains font un cordero asador : le cochon, embroché verticalement, cuit plusieurs heures à petit feu. De notre côté, c’est plus modeste, mais très sympa aussi.
Sans 4G ni wifi, nous profitons pleinement d’une belle soirée que nous n’arrivons pas à faire durer jusqu’à minuit. A onze heures, tout le monde dort. Feliz año 2024 !
Lundi 1er janvier 2024.
Les animaux domestiques étant interdits dans l’enceinte du parc national, pas d’aboiements cette nuit-là. Quelques timides clameurs à l’heure de changer d’année ne parviendront pas à troubler notre sommeil. Dans le calme de la forêt, nous faisons la grasse matinée dont nous rêvions.
A part une petite balade jusqu’à une cascade et un mirador, nous profitons de notre emplacement.
Mardi 2.
Nous plions bagages de bonne heure pour bénéficier de la fraîcheur matinale. Nous traversons le parc national. Nous sommes doublés par quelques voitures, souvent avec un kayak sur le toit ou un bateau remorqué. Combien de lacs avons-nous longés, combien de rivières avons-nous traversées, combien de cascades avons-nous vues ? On ne saurait dire, en Patagonie andine l’eau est partout.
Nous nous arrêtons manger sur la plage del Frances. L’endroit est sublime. On y planterait bien la tente mais le camping sauvage est interdit dans tout le parc national. Nous poursuivons donc notre route sur le ripio poussiéreux, jusqu’à trouver un inespéré ruban d’asphalte. L’enrobé est tout neuf, ça roule tout seul...
Mercredi 3.
Derniers tours de roues dans le parc national : direction Esquel, où Miguel nous attend.
Nous l’avions rencontré à deux reprises sur les routes, avec son compagnon de voyage Eduardo. Miguel nous offre l’hospitalité dans son quincho, sorte de grande cuisine d’été qui sert à recevoir les amis.
Du jeudi 4 au samedi 6.
Nous sommes pris en main par Miguel et Eduardo qui nous font découvrir Esquel et sa région : el viejo expreso patagonico, le train centenaire toujours en service, la stations de ski de La Hoya, la partie sud du parc national de los Alerces et la laguna la Zeta sur laquelle nous cabotons une matinée avec les kayaks de Miguel.
Nous rencontrons Pasquale, un jeune cyclo-voyageur australien qui s’est cassé la clavicule mi-décembre, lors d’une chute sur un mauvais ripio. En attendant de pouvoir à nouveau tenir un guidon, il est hébergé par le voisin de Miguel, jusqu’à la fin de sa convalescence.
Nous partageons tous ensemble les repas, tantôt chez Eduardo et sa famille, pour une soirée empanadas, tantôt chez Miguel, pour un asado. Mémorables ! Eduardo, ancien casque bleu, offre à Anatole son béret des nations unies, souvenir d'une campagne en Haïti.
Gracias Amigos !
Dimanche 7.
Pas spécialement reposés mais hyper contents d’avoir partagé ces quelques intenses journées, nous reprenons les vélos jusqu’à Trevelin. Fondée par les colons gallois, c’est la dernière véritable ville avant la frontière. Nous nous accordons quelques jours de repos pour reprendre notre rythme et envisager la dernière partie du voyage. Nous avons désormais hâte de découvrir la mythique carretera austral, les fjords chiliens, l’île de Chiloé et l’océan pacifique.

jeudi 28 décembre 2023

Navidad en el camping

Du mardi 19 au samedi 23 décembre.
Nous poursuivons notre semaine de repos au bord du lac Gutierrez.
Miguel nous invite chez lui pour assister à un petit concert qu’il donne avec ses amis musiciens. La soirée se poursuit avec un asado. Thomas, un cyclo-voyageur allemand se joint à nous. Comme nous il y a quelques jours, il passera la nuit dans le jardin de Miguel, avant de reprendre son chemin.
Nous randonnons jusqu’au refuge Lopez. Plus haut, la neige encore bien présente interdit l’accès aux différents sommets. Dommage. Nous nous consolons avec des points de vue spectaculaires sur le lac et les montagnes.
Nous nous baladons aussi en ville. Bariloche compte de nombreuses chocolateries le long de l’avenue principale.  Nous en testons quelques-unes. Pour nos provisions de Noël, nous en choisissons deux : Mamuschka et Rapanui. Posologie : deux chocolats matin, midi et soir, jusqu’à épuisement du stock.
Dimanche 24.
Nous sommes le 24 décembre, nous peinons à le croire. Nous pédalons sous une douce chaleur estivale.
Après trente petits kilomètres, nous nous installons dans le camping un peu chic que nous avions repéré. Les emplacements, éloignés les uns des autres, sont isolés au milieu de la forêt. Chacun d’entre eux est équipé d’une table, d’une prise électrique, d’une lumière et de l’incontournable asado.
Nous préparons notre Noël exotique. Les enfants décorent un petit sapin de quelques fleurs de genêts. Le gaz reste rangé, tout sera cuisiné au feu de bois. Feliz Navidad !
Lundi 25.
A l’heure où famille et amis s’apprêtent à passer une après-midi les pieds sous la table, nous partons faire le tour du lac Guillelmo. On a beau être dans un parc national, le sentier qui le longe sur sa côte orientale n’est pas très entretenu. Nous devons nous frayer un chemin dans une végétation dense, traverser un pont en piteux état et franchir un torrent avec de l’eau jusqu’au genou. Nous manquons d’y perdre un vélo, une paire de lunettes et un appareil photo. Nous nous baignons dans une eau fraiche et cristalline. Bref, nous passons un super Noël, au grand air.
Mardi 26, mercredi 27.
Nous rallions El Bolson en deux étapes. Les températures dépassent désormais largement les trente degrés. La préoccupation de l’après-midi est de trouver un coin à l’ombre pour poser la tente.
Nous rencontrons lors d’un pique-nique Valentin et Lisa, un couple germano-suédois. Ils voyagent avec Ragnar, leur bébé de 9 mois.
Ils nous rejoignent à El Bolson où nous avons trouvé un camping ombragé. Nous passons l’après-midi et la soirée ensemble, autour d’un copieux asado.
Jeudi 28.
Nous restons sur place pour faire quelques courses et organiser la journée de randonnée en montagne du lendemain.
Après cela, nous prendrons la route d’Esquel où nous sommes attendus chez Miguel, un cyclo argentin croisé début novembre.